United Colors of ISRAËL CYCLING ACADEMY (French Version)

Frédéric Thoos from the French Magazine Planète Cyclisme, had published 6 pages article about Israel Cycling Academy (followed by the great picture of our photographer Noa Arnon). We thank him for letting us posting the text and pictures as they are on the article.

Below is the original French article. Enjoy.

INSIDE TEAM

Par Frédéric Thoos (Planète Cyclisme)

Photos Noa Arnon (Israël Cycling Academy)

planete cyclisme Frédéric Thoos

Après le rachat de la licence de Katusha-Alpecin, Israël Cycling Academy arrive en WorldTour. Avec 30 coureurs de 19 nationalités, l’équipe franchit un nouveau cap dans son histoire atypique initiée par la volonté du premier Israélien professionnel et de deux

philanthropes. Lionel Marie, un de ses DS, Mickaël Leveau, celui de sa structure de formation, son sprinteur Rudy Barbier et le néo-pro Alexis Renard nous racontent les dessous de cette équipe qui court aux quatre coins du monde, très bien structurée et qui va découvrir les plus belles courses, dont le Tour de France. En toute humilité, mais pas sans ambition.

 

 

 

 

Devenu mondial au 21e siècle, le cyclisme se justifie aujourd’hui de courir aux quatre coins du monde sur les cinq continents, comme il voit arriver des coureurs de tous horizons au sein d’équipes qui ne se limitent plus aux barrières de la vieille Europe. Enième preuve de cette ouverture, en 2015, Israël, pays emblématique du Moyen-Orient, s’est lancé dans la grande histoire cycliste au niveau Continental. Lionel Marie, directeur sportif français et grand voyageur passé par la France, les Etats-Unis, l’Australie, les Pays-Bas, la Turquie et la Suisse avant de revenir aux USA, est arrivé Chez Israël Cycling Academy fin 2017. Il symbolise cette ouverture d’esprit et de faits : « J’ai été contacté par Kjell Carlstrom, le team manager, que j’ai connu chez IAM Cycling. Kjell avait besoin de renforcer son staff. L’équipe était passée en ContinentalPro et le projet montait en puissance. L’équipe avait débuté en Continental en 2015, créée par Ran Margaliot. J’ai dit oui tout de suite. » Ephémère coureur pro au début des années 2010 chez Saxo Bank, le jeune Israélien a eu l’idée de monter une équipe pour promouvoir son pays par une autre image que celle véhiculée par les médias et amener ses jeunes vers ce sport qui existe peu face au basket-ball et au football (Il y a peu de courses au pays comme de structures clubs. Et les courses sont si chères à organiser en Israël, qu’elles se font hors des villes, comme le championnat national). Margaliot voulait aussi que l’équipe soit composée de coureurs des quatre coins du monde ! Il en a parlé à un gestionnaire de fortunes devenu propriétaire de l’équipe, l’Israélien Ron Baron : « Ran a créé l’équipe avec Ron. Puis Sylvan Adams est arrivé, comme Ron un vrai passionné et grand pratiquant. Sylvan est champion du monde des vétérans sur piste ! Il a aussi construit un vélodrome à Tel Aviv et aide beaucoup le cyclisme, notamment au Canada. Sylvan voulait communiquer à travers un évènement. Le football et la formule 1 jugés trop onéreux, il s’est tourné vers le vélo. » Margaliot a depuis quitté l’équipe pour s’occuper désormais de la Bartali Youth Leadership School, une école de réinsertion des jeunes par le vélo située entre Jérusalem et Tel-Aviv et a laissé la tête de l’équipe aux deux boss depuis 2017.

planete cyclisme Frédéric Thoos

Deux patrons philanthropes et le Giro 2018

C’est le début de l’histoire d’amour entre l’équipe et le pays. Une double entité qui veut se faire sa place dans le concert du cyclisme mondial. Sylvan Adams est arrivé avec des idées, comme l’explique Lionel Marie : « Il voulait un événement pour mettre en valeur Israël et il s’est tourné vers les organisateurs du Tour d’Italie. Il les a invités et quand RCS Sport a vu l’engouement autour de ce projet, il a dit banco pour un Grand Départ de Jérusalem (et trois jours à Jérusalem, Haïfa, Tel Aviv, Beer-Sheva, Eilat). J’ai eu la chance de participer à la fête. C’était phénoménal. Si certains avaient des craintes, tout s’est formidablement bien passé. L’émotion était palpable autour de cette communion ! » Sylvan a été partie prenante dans l’organisation et la gestion de l’événement (avec 80 M€ personnels investis). Pour la première fois qu’un Grand Tour partait hors d’Europe, ce fut une belle réussite. « On a bien vu un supporter courir près de notre leader Ruben Plaza avec un drapeau palestinien » tempère Marie. « Mais Ruben a eu raison de lui et de son geste incompréhensible. » Ron Baron et Sylvan Adams sont deux philanthropes, le coeur sur la main et prêts à tout pour leur passion commune. Prêts à mettre chacun la moitié du budget de l’équipe estimé cette saison à 7 M€ et à emmener leur équipe au plus haut niveau. « Je crois en la viabilité de ce projet » reprend Lionel Marie. « Leur volonté est d’avoir un support économique. Ils veulent donner envie aux partenaires privés de rejoindre l’équipe. La dynamique se poursuivra avec l’arrivée d’entreprises israéliennes. L’ADN de l’équipe, c’est son pays. Il y a une volonté d’intégrer une entreprise pour que cela dure dans le temps. Mais attention, on n’est pas dans le cas de millionnaires qui changent de dada au gré de leur humeur. Quand ils retrouvent l’équipe, ils viennent avec leur vélo. Une fois, Sylvan nous a rejoint en stage à Civiglio et il a monté le Stelvio avec nous, à plus de 60 ans ! Il possède même un caisson d’altitude chez lui. Quand ils sont avec les coureurs, ils ont le sourire. »

ICA a tout d’une grande

L’équipe a tout pour performer et durer. Ça motive Lionel Marie pour s’inscrire dans la durée. Depuis 2015, elle grandit par palier. Deux premières années au niveau Continental puis trois années en ContinentalPro et l’équipe débarque en 2020 en WorldTour. Rudy Barbier, sprinteur venu en janvier dernier d’ag2r La Mondiale, explique son choix de rejoindre l’équipe : « J’avais dit à mon agent “je veux essayer l’étranger pour m’ouvrir”. Redescendre d’ag2r pour Israël pouvait ressembler à une aventure ! Mais, je suis vachement cyclisme moderne et je voulais sortir de ma zone de confort. Kjell Carlstrom en a parlé avec lui. J’avais envie de refaire des sprints, avoir le poids de l’équipe et Israël voulait marquer des points pour bien se classer et prétendre à une invitation sur le Tour ou accéder en WorldTour. De l’extérieur, l’équipe ne paie pas de mine. Mais le mec qui regarde sa télé et suit les courses se rend compte que c’est une équipe très sérieuse. Elle a disputé 100 courses en 2019 et couru plus de 300 jours. Je n’ai pris aucun risque en signant ici. Une équipe jeune, solide. Tous les feux sont au vert. J’ai hâte de retrouver le WorldTour que j’avais découvert avec ag2r il y a trois ans déjà. » Oui, Israël Cycling Academy n’a rien à envier à aucune autre équipe. Lionel Marie le confirme, lui qui a connu de nombreuses équipes (Cofidis, Slipstream, Orica, Giant, IAM…) : « Avec Kjell, on s’est inspiré de nos anciennes équipes. On a eu un chef cuisinier, des ostéopathes. II y a une structure, un suivi, une rigueur, des entraineurs avec un responsable canadien. On fait partie du MPCC aussi. Avec les moyens du bord, on fait les choses sérieusement, 4-5 DS, 8 mécaniciens, 8 assistants… »

planete cyclisme Frédéric Thoos

Une structure pyramidale bien faite.

Israël Cyclisme Academy, c’est une équipe ContinentalPro qui devient WorldTour, mais aussi une équipe dite de développement et depuis janvier 2019, elle s’est associée avec la structure DN1 française Côtes d’Armor-Marie Morin-Veranda Rideau. Israël cherchait une équipe pour envoyer ses jeunes israéliens se former en France avant de revenir pour performer. « J’ai insisté pour que ce soit Côtes d’Armor. Je connaissais bien Mickael Leveau, son directeur sportif. Les compétences sont là. L’équipe a une maison sur place à Quessoy qui permet d’accueillir les coureurs. Beaucoup vivent sur place. » Elle fait office de laboratoire d’avenir, en même temps que de test grandeur nature. « C’est un tremplin, un vrai centre de formation » reprend Marie, qui va accueillir le jeune espoir prometteur Alexis Renard, 20 ans, formé en Bretagne et stagiaire chez ICA depuis août dernier. Si la base est solide question formation, le haut de la pyramide, l’équipe pro, l’est tout autant avec ses spécificités : « Israël Cycling Academy, ce sont 30 coureurs de 19 nationalités différentes. Cette équipe, c’est un état d’esprit et une ouverture. La langue officielle, c’est l’anglais. » Question résultats, le team sort de sa meilleure saison aussi : 314 jours de courses, jusqu’à quatre fronts en même temps, l’équipe a fait parler la poudre avec 29 victoires, forçant le respect des adversaires depuis deux ans. « Les garçons se surpassent les uns pour les autres. Nos leaders, comme Ben Hermans ou Tom van Asbroeck, gagnent et sont réguliers. Et quand ils ne sont pas performants, ils travaillent pour les autres. Ces résultats ne sont pas anodins. »

Un double objectif identitaire et sportif

L’équipe est arrivée dans le peloton avec son image. Elle continue d’avancer ainsi. Elle a plu à Rudy Barbier : « Cette équipe, c’est l’Israël avec une vingtaine de nationalités. A l’intérieur, tout le monde communique en anglais, même mal, et s’aide. L’anglais, ce n’est pas mon fort. Tout le monde me disait “mais vas-y, lance-toi”. Même quand je m’apercevais que je disais n’importe quoi, même dans les briefings et les débriefings. A l’extérieur, il y avait de gros préjugés. Mais j’écoute peu ce qu’on me dit. Je me fais ma propre analyse. J’ai vu moins de militaires en un séjour à Tel-Aviv qu’en deux jours à Paris. » Lionel Marie tient à cette image et cette identité qui attirent. Il évoque l’intérêt grandissant au pays. « Avant le Giro 2018, un célèbre journaliste israélien du 13h est venu nous suivre au Tour de Catalogne. Une première pour l’équipe. Le signe que le projet intéresse. Il y a ici un vrai engouement pour le cyclisme désormais. » Outre ses résultats et son aspect identitaire, il y a aussi l’aspect formation, à l’image des Dimension Data qui forment des coureurs africains et rêvent de les emmener au plus haut niveau : « On a des coureurs israéliens. Deux ont fini le Giro, Guy Sagiv (en 2018) et Guy Niv (en 2019) et on a un jeune qui progresse bien, Omer Goldstein. Faire passer des jeunes du niveau régional au rang pro fait partie de nos objectifs, même si c’est dur. » Lionel Marie, qui a travaillé en Australie, aux Etats-Unis, en Europe ou en Turquie se plaît ici : « J’ai passé un an en Turquie dans une équipe à consonance musulmane et je suis dans une équipe à consonance judaïque. Je suis aux anges face à ces différents points de vue. C’est bien de véhiculer ces approches. En Turquie, j’ai fait le ramadan. C’est ça aussi le vélo. Les propriétaires Ron et Sylvan tiennent à ce que les nouveaux coureurs s’imprègnent de la culture israélienne. Notre stage de décembre se fera à Jérusalem par exemple. C’est une volonté de faire prendre connaissance aux nouveaux de la ville, du pays, de sa culture donc. On visite le musée de la Shoah Yad Vashem. Hors du pays, c’est pareil. L’idée de culture et de découverte est très présente. Au Tour du Rwanda, on est allé visiter le mémorial du génocide à Kigali Gisozi. » Lionel Marie aime cette vision du métier qu’il a chez Israël Cycling Acedemy : « Quand vous allez visiter Yad Vachem, ça remue les tripes. Ce n’est pas que faire du vélo. Cette année, on va aller dans un kibboutz. » Rudy Barbier s’inscrit dans la même lignée que son DS : « J’ai été stagiaire chez Bridgestone en 2012 au Japon, puis j’ai couru pour l’Armée de Terre en 2013. Je veux sortir du tracé tout fait en cyclisme. Je veux être heureux dans ma carrière, aimer ce que je fais. » C’est exactement ce qui se passe au sein de cette équipe qui désormais se tourne vers le WorldTour et grandit plus encore, puisque on a appris que Ron Baron et Sylvan Adams vont créer une équipe Continental entre la WorldTour et le team de développement. « Un scoop » rigole Lionel Marie (Elle sera basée à Gerona, où vivent une quinzaine de membres du groupe, avec le service course et l’équipe WorldTour, alors que la Devo Team est basée en Israël), qui va se projeter sur les objectifs 2020 ! « On va passer quelques jours en Croatie et en Israël en décembre, puis ce sera le stage à Calpe en janvier. » Avant les débuts en WorldTour !

planete cyclisme Frédéric Thoos

Dan Martin, André Greipel et un axe majeur nommé Tour

« Cette licence pour trois ans au moins, c’est une grosse remise en question » confit Rudy Barbier. « J’en ai parlé avec Lionel et Matthias Brandle (un des leaders du team). On se met tous la pression. On a envie de continuer à peser sur les courses comme on le faisait en ContiPro. Ça va être dur. Mais partout où on va pouvoir jouer, on va jouer ! » Une vraie remise en question, dit celui qui va découvrir un Grand Tour aussi. « Le cyclisme, c’est une remise en question tous les hivers. » Le budget va augmenter et le rachat de la licence de Katusha-Alpecin apporter des coureurs de l’ex-équipe (Nils Politt notamment) et des membres du staff. En coulisse, Lionel Marie espère que des entreprises israéliennes arriveront, le Tour de France se profilant à l’horizon. L’équipe portera encore le nom d’Israël en 2020, mais plus certainement les mentions Cycling Acedemy. Le reste est encore un mystère, même si on sait déjà que les couleurs du maillot resteront celles du drapeau israélien, le bleu et le blanc, couleurs de toutes les équipes y compris de Côtes d’Armor. Son roster va s’étoffer aussi. Politt arrive, le jeune Français, de la Cofidis, Hugo Hofstetter aussi pour renforcer les coureurs de classiques, alors qu’un leader de haut niveau sera sur les grands tours et les courses à étapes. Lionel Marie voit en Ben Hermans, Tom van Absroeck et Krists Neilands des leaders polyvalents et il est ravi de la venue de Dan Martin : « Dan avait signé avant l’arrivée en WorldTour. Il est reconnu, il a l’expérience. Pour lui, c’est un challenge à 33 ans et pour nous, une garantie de performer à un moment sur toutes les courses à étapes. Peut-être que c’est aussi rafraichissant pour lui, une équipe pro encore ok, mais pas dans l’approche d’une équipe qui a 10 ans derrière elle et la routine. » Autre recrutement d’importance appris il y a peu, celui d’André Greipel, motivé comme un jeune et qui ne sera resté qu’un an chez Arkea-Samsic !

Ce premier Tour de France sera un axe sportif majeur. Mais Lionel Marie prévient : « Il n’y a pas que le Tour. Il va falloir trouver notre voie à l’image de Slipstream/Garmin dans laquelle j’étais, une équipe de contre-la-montre par équipe au début. Chez GreenEDGE, il y avait l’image d’un sprinteur de classiques avec Simon Gerrans. Il faut trouver une identité qui nous colle à la peau et après, se développer, comme Orica qui se tourne vers les classements généraux. La licence WorldTour est accordée pour trois ans. C’est un premier cap. Dans le cyclisme, il faut trouver sa place, être reconnu pour ce que l’on est et donner envie aux autres de venir. » Israël Cycling Acedemy ne veut pas se prendre pour une équipe qu’elle ne serait pas : « On va passer par des hauts et des bas. Comme en foot, on change de division. L’expérience va s’acquérir avec le temps. En 2020, on va faire des constats des carences et on aura des moments d’euphorie. Il faudra faire le bilan, réajuster les choses. La maturité d’une équipe de ce niveau s’acquière en général au bout de quatre ans ! A l’image de ce qu’on a connu avec IAM. Sky a cherché ses marques au début. On sera en concurrence avec des équipes aux budgets phénoménaux et à l’expérience et la stabilité avérées. On arrive comme le petit poucet. Mais il n’y a pas de raison qu’on ne trouve pas notre chemin, notre philosophie. » L’ADN de l’équipe ne changera pas. Même si la future ContiPro répondra peut-être plus désormais à l’idée identitaire, le groupe WorldTour comptera encore une quinzaine de nationalités et pour le staff comme ses patrons, pas question de baisser les objectifs. Sylvan Adams est offensif : « Plusieurs nouveaux coureurs, dont certains de Katusha, nous rejoignent. Nous allons faire du bruit dans beaucoup de grosses courses. » Le responsable communication de l’équipe, Tsadok Yecheskeli, ancien journaliste de guerre très connu en Israël, est très disponible et ouvert. Il constate cette ouverture vers l’équipe depuis des années, qui ne fait que croître. Israël trouve sa place, dans les médias et le peloton. « Ces mecs sont arrivés sur la pointe des pieds. J’espère qu’ils sont fiers ! Aujourd’hui, on force le respect » conclut Rudy Barbier. Ce n’est pas le Mentonnais Lionel Marie, qui, avec ses coureurs, a hâte de voir le Tour 2020 passer trois jours non loin de chez lui à Nice, qui dira le contraire.

planete cyclisme Frédéric Thoos

••••••••••••••••••••••••••••

Alexis RENARD

« Au début, on se foutait de notre gueule »

« Il sera notre testeur grandeur nature » dit de lui Mickaël Leveau. Après deux ans chez Côtes d’Armor-Marie Morin-Veranda Rideau, le champion de France Amateurs 2019 nous explique son choix de signer pro chez Israël à 20 ans !

  • P.C. : Comment s’est passée votre arrivée comme stagiaire chez Israël ?

A.R. : « Je savais depuis l’hiver dernier, qu’ils avaient un oeil sur moi. Ils m’ont proposé,

j’ai dit ok. Cependant, malgré l’accord avec Côtes d’Armor, ils n’ont pas le monopole pour nous faire signer pro.

  • P.C. : Il y a deux ans, vous n’étiez que Juniors. A 20 ans, vous voici en World-Tour.

A.R. : « Je ne me pose pas de question sur mon âge. J’appuie sur les pédales, je fonce ! J’avais d’autres propositions aussi intéressantes (Arkea-Samsic…), mais c’est le projet qui m’a le plus plu, avec une vision à long terme sur moi. »

  • P.C. : Un projet humain et sportif, renforcé par l’arrivée en WorldTour.

A.R. : « Je voulais partir à l’étranger pour apprendre une nouvelle culture. Je ne savais pas, quand j’ai signé, qu’on passait WorldTour. J’ai dû signer un 2e contrat ! Partir dans une telle équipe, c’est maintenant qu’il faut le faire. On verra si je peux revenir en France… S’ils veulent de moi. »

  • P.C. : N’avez-vous pas peur que ça aille trop vite ?

A.R.: « Il y a 30 coureurs sur trois fronts, mais je vais avoir un vrai programme adapté pour progresser, sans Grand Tour. Faut y aller, y’a aucun risque, aucune pression ! »

  • P.C. : Avez-vous une anecdote déjà avec le pays et l’équipe ?

A.R. : « Parler anglais, pour moi, c’est pas facile… Les coureurs qu’on voit à la télé sont hyper abordables. C’est un plaisir de courir avec Davide Cimolai et Matthias Brändle, des gens très simples. Ils me prennent sous leur aile. »

  • P.C. : Quel est votre premier rendez-vous de coureur pro avec l’équipe ?

A.R. : « Mon premier stage en Israël, en décembre ! Peu de gens iraient en vacances. Les gars disent que les médias en font trop et quand ils viennent en France, ils demandent : “y a plus de policiers ici que chez nous. C’est la guerre en France ?”. »

  • P.C. : L’équipe a tout d’une grande…

A.R. : « Quand on a annoncé “Côtes d’Armor devient la réserve d’Israël”, tout le monde se foutait de notre gueule. Nous, on rigolait, car on connaissait le projet. Quand les adversaires ont vu les résultats, ils nous ont dit “c’est si pas mal”. J’ai hâte d’y être. J’ai le couteau entre les dents ! »

••••••••••••••••••••••••••••

CÔTES D’ARMOR-MARIE MORIN-VERANDA RIDEAU LE TREMPLIN BRETON

Depuis janvier 2019, et pour deux ans, Israel Cycling Academy a fait du team DN1 breton son équipe réserve. Israël cherchait une équipe en France pour faire courir ses jeunes Israéliens avant de les reprendre. Côtes d’Armor Marie Morin-Veranda Rideau l’est devenue avec un rôle important. Mickaël Leveau, un de ses DS, nous explique la genèse de l’association : « Lionel Marie, que je connaissais comme CTR en Normandie il y a longtemps, m’a appelé en mai-juin 2018. Ils cherchaient une équipe support et Lionel voulait que ce soit nous. » Top départ d’une aventure riche et motivante entre Israël Cycling Academy et une des meilleures DN de l’Hexagone. Un premier soutien de deux ans, logistique et de formation. « C’est l’avenir une structure pro avec une équipe réserve. Mais je ne voulais pas qu’Israël ait l’exclusivité sur mes coureurs. Direct Energie bloque ceux du Vendée U. Je veux que les miens ne soient pas obligés de passer pro chez Israël. » Ce partenariat profite à tous. « J’ai emmené l’hiver dernier trois coureurs en stage avec eux à Benidorm, Stuart Balfour, Damien Poisson, Alexis Renard. J’ai rencontré l’ensemble de l’équipe, le staff et Sylvan Adams et Ron Baron. On a aussi reçu du matériel, les mêmes vélos (de Rosa), les vêtements, chaussures, lunettes, casques, des produits de massage, des sacs de pluie, des surchaussures, des roues, 1 500 bidons. On a fait aussi des tests de position gratuits pour certains coureurs. » Israël Cycling Academy a un regard constant sur les performances des coureurs. Fin 2018, elle a envoyé pour six mois l’espoir israélien Itamar Einhorn se former en Bretagne avant de le récupérer en juin. « En 2020, on va accueillir un Finlandais envoyé par Kjell Carlstrom. On continue à former des coureurs et on va alimenter l’équipe Continental qui voit le jour. » Certains entraîneurs de l’équipe ont aussi accès à la plateforme de données de Côtes d’Armor, au point qu’ils ont contacté certains coureurs pour refaire un rapport de puissance pour voir leur évolution en saison. « Balfour et Renard ont été suivis. Stuart passe pro en Continental, comme Owen James, et Alexis, stagiaire en août, passe pro en WorldTour.

planete cyclisme Frédéric Thoos

Israël Cycling Academy a proposé que Côtes d’Armor soit son équipe Continental

Mickael Leveau voit loin : « C’est rare qu’une équipe étrangère s’appuie sur une française Amateurs. Des coureurs de la future WorldTour vont descendre en Conti et on envisage des stages communs à Gérone, lieu de leur service course. Nous du haut de la Bretagne et Gérone, proche de la frontière, le trajet en avion est facile. » Les dirigeants d’Israël Cycling Academy ont même proposé à Cotes d’Armor d’être leur équipe Continental : « On a étudié cette possibilité avec l’apport de partenaires israéliens et français. Mais le cahier des charges en France est très lourd. En Continental chez nous, tous les coureurs doivent être déclarés (5 seulement en Belgique) et payés au SMIC. Ça représente 700 000 € de salaires et charges. Quand ils ont vu ça, ils ont dit “on va se focaliser sur la World-Tour” et construire notre Continental basée à Gérone. Elle coûtera 500 000 €, trois fois moins. Nous, on reste en DN1 avec un meilleur budget qu’une Conti slovaque, russe… mais un accès moins aisé à certaines courses. » Le DS de Côtes d’Armor a hâte d’être en 2020. « Le fait qu’Israël passe WorldTour va affiner notre niveau d’exigence. Quand je propose un coureur, je veux qu’il soit prêt mentalement et sportivement et je demande quel rôle on va lui donner. Un jour, Manu Hubert (Arkea-Samsic) m’a demandé : “Lui il est prêt ?”. J’ai répondu : “Ça dépend sur quelles courses tu le mets”. Ils n’ont pas le temps de s’occuper de tout le monde et parfois ils emploient les coureurs à contretemps. » Pas question d’en entendre parler chez nos deux partenaires.

 

Mickaël Leveau a une vision à long terme. Il veut prolonger le partenariat et a des ambitions pour ses coureurs : « C’est déjà dans les tuyaux. Et je pense à la suite. J’ai pris Thibault D’Hervez, 11e Juniors au Yorkshire. Je fais un plan sur deux ans avec lui. » Ce partenariat crédibilise et renforce le projet d’une équipe créée en 2003. Côtes d’Armor a formé Chérel, Gautier, Gaudu, accompagne au haut niveau Renard et rêve de le faire avec D’Hervez et d’autres. Pas question de brider ses jeunes.

 

 

 

Share this post

Share on facebook
Share on google
Share on twitter
Share on linkedin
Share on pinterest
Share on print
Share on email

newsletter sign up

israel cycling academy online shop

Leave a Reply

Scroll to top

STAY UPDATED

Join our 500,000 fans, and get the
latest news, updates and special
offers.

Sign up now & receive 5%
discount at our online shop.

Skip to content